Dominique Plihon, Le Nouveau capitalisme, La Découverte, Repères, 129 p., 7,95 euros.
Cette nouvelle mouture du Nouveau capitalisme présente un avantage sur celle de 2001 : la bulle spéculative des valeurs high-tech est complètement crevée. Et l’auteur, Dominique Plihon, professeur d’économie à Paris-XIII et membre du Conseil d’analyse économique (cercle d’économistes de toutes tendances chargés de conseiller le gouvernement), possède un plus large recul sur la période des start-up, close de manière spectaculaire par le scandale Enron et la déconfiture de Vivendi. Mais ce qu’il désigne par "nouveau capitalisme" n’a qu’un rapport indirect avec ce qu’on a appelé "nouvelle économie".
Les actionnaires au pouvoir
En effet, Plihon fait remonter le nouveau système plus loin avant la "troisième révolution industrielle". Celle qui a vu le jour au début des années 90, avec l’essor des nouvelles technologies, des biotechnologies, etc. Cette économie de la connaissance, de l’immatériel et des réseaux a été analysée par d’autres, comme Jeremy Rifkin et son Age de l’accès (Pocket), et Plihon n’en fait qu’un bref rappel. Ce qui l’intéresse surtout, c’est le volet financier de ce capitalisme et c’est sur point que son livre se montre le plus original. Il rappelle la spectaculaire montée en puissance de la finance, qui a marqué l’abandon progressif du modèle fordiste depuis les années 80. L’essor du "néolibéralisme", le recul de l’Etat, la priorité donnée aux actionnaires sur les salariés, la précarisation du travail, le recul du syndicalisme, l’explosion de la spéculation, la privatisation du vivant... Voilà entre autres ce qui, selon l’auteur, constitue ce nouveau "capitalisme actionnarial".



























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