Au salon Planète Durable qui se tenait dernièrement à Paris, une magnifique berline allemande triomphait sur un support aquatique rappelant que la voiture à hydrogène était un modèle de transport assurant un avenir propre. Je ne parlerai pas ici de la gêne de la commerciale concernant le nombre de pièces recyclés dans le véhicule ou la date de commercialisation dudit véhicule. Soyons imaginatifs et optimistes : disons qu’en 2100, le parc mondial automobile sera le plus clean possible (moteur propre, usines toutes certifiées ISO, recyclage maximum, etc). Après tout, la première voiture électrique débarquera en France dès 2009 avec la Think, la Bolloré Blue Car ou encore la Venturi Eclectic.
Des chiffres qui donnent le tournis
Et pourtant il ne faut s’en réjouir qu’à moitié. Voici quelques données à bien garder à l’esprit :
Alors qu’il n’y avait que 100 millions de véhicules en 1956, le nombre de voitures en circulation sur la Terre devrait atteindre 1 milliard en 2010.
Chaque nouvelle voiture demande pour sa construction 30 000 litres d’eau et exige 20 fois plus de matières premières que son seul poids.
À l’autre bout de la chaîne, ce sont deux millions de véhicules particuliers légers qui sont jetés annuellement en France, soit, notamment, 280 000 tonnes de vieux pneus, 30 000 tonnes de résidus de batteries et 400 000 tonnes de déchets industriels spéciaux.
D’après l’ADEME, la voiture électrique nécessite 62 % d’énergie en plus pour le même rendement. L’énergie (d’origine nucléaire) est produite hors du véhicule : elle doit donc être transportée, puis stockée, ce qui engendre à chaque étape d’importantes déperditions. Les batteries (plomb, cadmium ...) nécessaires à ce stockage sont elles-mêmes hautement nocives et produisent des déchets à durée de vie infinie.
Et enfin, une voiture nécessite des routes et de nombreuses places de parkings. Une voiture électrique n’empêchera donc pas les polémiques environnementales comme la construction d’une rocade nord à Grenoble ou d’une autoroute A65 entre Langon et Pau.
Des solutions à mettre en place aujourd’hui
Dure réalité.
Mais pour éviter le naufrage, des solutions existent et nul besoin d’attendre 2100 :
rapprocher le lieu d’habitation du lieu de travail. Un Français parcoure en moyenne 24km aller-retour pour aller travailler. Il s’agit donc de repenser les villes et d’aménagement du territoire en général.
multiplier significativement le réseau de transport en commun : train, tram, métro, tram-train, trolleybus, bus, etc. Multiplier le nombre de lignes, allonger celles existantes, augmenter la fréquence des passages.
favoriser l’auto-partage et le covoiturage. Les sites internet sont trop nombreux à ce sujet et mieux vaut peut-être concentrer l’offre et la rendre plus qualitative.
diminuer drastiquement le prix du ticket pour les transports en commun. A Grenoble, il est de 1,30€ même pour un seul arrêt de tram !
développer et aménager des pistes cyclables, des rues piétonnes et tout autre support nécessaire aux déplacements doux en zone urbaine et péri-urbaine.
Notons que ces solutions bénéficient à tous et surtout aux ménages les plus modestes qui ne peuvent plus se permettre d’avoir une voiture aujourd’hui.
Je n’aborderai pas ici le mode de financement de telles mesures et laisserai le soin aux internautes de proposer leurs solutions. Mais il me semble que, par exemple, les écotaxes sur les achats de véhicules polluants (>140Gco2/km) pourraient être très largement revus à la hausse. Mais c’est une autre histoire… politique.




























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