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Débauche sans ordonnance
jeudi, 17 juin 2004
/ Louba NACHBA
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A la frontière américano-mexicaine, le tourisme prend parfois des formes inattendues. Ses versions médicale et paramédicale connaissent un succès grandissant.
Ce n’est certes pas aussi pittoresque que les Etats du sud du pays, ni aussi majestueux que la baie d’Acapulco. Mais les Mexicains de la frontière ont trouvé de quoi attirer les Américains, créant une sorte de "Disneyland mexicain pour répondre aux attentes des gringos : souvenirs, artisanat, bars, restaurants, orchestres de mariachis, architecture "typique" ou du moins satisfaisant l’imaginaire des Américains", souligne Isabelle Vagnoux dans son livre Les Etats-Unis et le Mexique. Le petit village de pêcheurs de Puerto Peñasco, aussi appelé Rocky Point, sert ainsi de lieu de villégiature à des cohortes d’Etatsuniens qui débarquent avec leurs caravanes. Ici les plaques américaines sont légions, comme celle de ce grand gaillard et de sa fiancée blonde qui conduit un coupé sport rutilant, sur lequel il a collé un autocollant "Proud to be American" ("Fier d’être américain").

Au port, le discours est amer. En vingt ans, les pêcheurs ont vu la ville s’agrandir et les prix augmenter de 6% à cause du tourisme. Dans le même temps, leurs salaires ont augmenté de 15%, "nada mas" (pas plus). Dans les villes-frontière, on vient aussi (et surtout) s’encanailler, comme l’a très bien résumé Manu Chao dans sa complainte : "Welcome to Tijuana, tequila, sexo, marijuana." "TJ", comme l’appelle les Américains, donne l’illustration la plus saisissante de ce tourisme frontalier, avec sa bien mal nommée Avenida Revolucion, qui alterne bars à filles et pharmacies bon marché.
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Frontière mexicaine : voyage au bout de la mondialisation
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![]() Pour les Américains seulement. Crédit : Louba Nachba. JPEG - 26.5 ko 213 x 283 pixels |